Ah, l’automne, mon grand amour… Depuis que j’ai ouvert ce blog, j’essaie de toujours faire un article thématique ou deux (par exemple, ici , ici ou encore ici . J’ai fait tranquillement des listes dans mon coin… et puis j’ai découvert, cent ans après tout le monde, les réseaux sociaux.
Cette année, pour me distraire du fait qu’à mon grand désarroi, je passe plus de temps à parler de livres qu’à en lire (du moins pour mon plaisir),  je suis tombée dans le monde merveilleux des #booktagschallenges. Je ne suis pas une grande fan de BookTubes, trop souvent centrés sur les romans YA – qui ne sont pas du tout ma tasse de thé comme je ne cesse de le dire. Mais l’exercice est amusant, permet de parler de lecture de façon légère et imagée. Je suis tombée il y a quelques jours sur la vidéo de cette booktubeuse, que je ne connais pas, et me suis dit que cela ferait un article sympathique, à défaut d’être révolutionnaire, dans la lignée du #25BookishThingsAboutMe d’il y a quelques semaines.

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En automne, l’air est vif et les feuilles craquent sous nos pas : citez un livre au cadre évocateur.

Ce n’est pas tant qu’un cadre soit évocateur et plein de jolies teintes, encore faut-il qu’il soit organiquement lié à l’intrigue, de telle sorte qu’elle ne pourrait exister ailleurs. C’est le cas de ces trois ouvrages, chacun dans un genre très différent : The Red Garden, d’Alice Hoffman (deux mots ici), Welcome to Night Vale, tiré du podcast du même nom, et sa ville du désert entre X-Files et un bon Stephen King (ce qui devient une denrée rare, mais ceci est un autre débat) et Fairyland, l’histoire d’un poète homosexuel et sa ville dans la grande parenthèse de libération sexuelle et intellectuelle que fut San Francisco dans les années 1970.

 

tag automne : livres au cadre évocateur
The Red garden, Welcome to Nightvale, Fairyland

La Nature est aussi magnifique… que déclinante : citez un livre joliment écrit, qui traite de sujets douloureux comme la mort ou la douleur.

1854 : Henry, un riche bourgeois anglais, travers l’Europe pour dénicher l’automate parfait dont rêve son petit garçon mourant. 2010 : Catherine vient de perdre l’amour de sa vie et tente de surmonter le chagrin en restaurant l’automate inventé un siècle auparavant. Des liens tenus comme des mécanismes d’horloge se forment, autour du fabuleux engin, des thèmes du deuil et de la résilience. À ne pas lire un soir de grande misère intérieure, mais à lire tout de même…

Tag automne : Peter Carey Chimie des larmes
Peter Carey, La Chimie des larmes

L’automne est aussi la saison de la rentrée scolaire : citez un livre de non fiction qui vous appris quelque chose.

J’ai développé ces dernières années un intérêt particulier et tout à fait dilettante pour le folklore et la mythographie. Les éditions Points Seuil ont eu la bonne idée de sortir cette collection de brefs ouvrages, scientifiques mais pas trop, parfaits pour avoir l’impression de suivre un cours sans perspective d’examen final.

 

tag automne : non fiction
les « mythes » de la collection Point Seuil

 

Pour se tenir chaud, il fait bon passer du temps avec des gens que l’on apprécie : citez une famille/maisonnée/groupe d’amis fictifs dont vous aimeriez faire partie.

Les Marauders. Bon, j’avais presque réussi à faire un article sans parler d’Harry Potter. Mais sérieusement, les Marauders. En dehors de cela, on peut se tourner vers la famille de créatures doux-dingues inventés par Bradbury, visiblement très inspiré par la Famille de son ami Charles Addams.

tag automne : Bradbury de la poussière à la chaire
Ray Bradbury, De la poussière à la chair

 

Des feuilles multicolores jonchent les rues : montrez une pile de tranches de livres aux couleurs de l’automne.

Je ne vais pas entrer à nouveau dans le débat entre couvertures sobres ou illustrées, mais le fait est que, même en cherchant bien, je n’ai pas trouvé dans mes bibliothèques de quoi faire une jolie photo. À la place, une mise en scène (trop sombre, je sais) de ce que j’ai trouvé de plus automnal : un petit roman de réalisme magique, When Autumn Leaves (attention, jeu de mots…). Sympathique, mignon, qui aurait dû marquer le début d’une série si l’auteur n’avait pas abandonné.

 

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When Autumn Leaves

 

L’automne est le moment rêvé pour se raconter des histoires au coin du feu : citez un livre où quelqu’un raconte une histoire.

« Quelqu’un raconte une histoire », de mémoire, c’est le principe de la fiction… Mais jouons le jeu. Le récit enchâssé, la grande affaire du roman XIXe. Deux exemples, parfaits pour le coin du feu. Les contes d’Alexandre Dumas, rassemblés sous le titre Les mille et Uns Fantômes, et en particulier le récit de la « dame pâle » et ses vampires transylvaniens. Et bien entendu, les Hauts de Hurlevent, parangon du genre.

 

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Les contes fantastiques d’Alexandre Dumas
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Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent

Les nuits gagnent en longueur et en obscurité : partagez une de vos lectures sombres et angoissantes.

The Loney est paru en 2016 sous le titre Les Mortes-eaux. La province anglaise dans tout ce qu’elle a de plus réfrigérant, dans tous les sens du terme, au milieu des années 60. Des pélerins sclérosés sur leur foi en attente d’un miracle, des autochtones peu accueillants, des cérémonies pas du tout catholiques, et surtout une ambiance d’humidité arthritique et une narration qui vous balade comme un égaré dans un banc de brouillard.
À noter que j’ai hésité à choisir Une fille comme les autres de Jack Ketchum, mais là, on sort du « sombre et angoissant » pour filer directement dans la catégorie « je pose le livre et court m’enfermer au fond d’une forêt parce que l’humanité me dégoûte ».

tag automne : Andrew Michael Hurley The Loney
Andrew Michael Hurley, The Loney

 

Les journées sont de plus en plus glaciales : citez une lecture aussi brève que réconfortante qui réchauffe par un jour d’automne pluvieux.

Pas juste réconfortant : hilarant. Trois sorcières croquinolettes se lancent sur les routes pour empêcher le mariage d’un prince et ça donne:
« – C’est un lion, rectifia Mémé Ciredutemps au vu de la tête empaillée au dessus de la cheminée.
– Comme tu veux, mais l’a dû rentrer dans le mur à une foutue vitesse.
– On l’a tué, dit Mémé en inspectant les lieux.
– M’étonne pas, fit Nounou. Si j’avais vu un bestiau pareil bouffer le mur et passer à travers, j’y aurais sûrement tapé dessus à coups de tisonnier. « 

 

tag automne : Terry Pratchett, Mécomptes de fées
Terry Pratchett, Mécomptes de fées

Comme l’automne qui revient chaque année, citez l’une de vos lectures préférées, que vous aimeriez reprendre bientôt.

Dans un monde idéal, je pourrais relire tout ce que j’ai déjà lu et lire ce que j’ai en attente. Je vis dans un monde pas idéal du tout, et je relis par petites bouchées. Une page ou deux d’À Rebours (au hasard, le chapitre sur le choix des couleurs du salon de Des Esseintes, ou celui sur les auteurs latins de la Décadence). Ou peut-être un conte  d’Angela Carter, tiré de la Companie des loups (The Bloody Chamber, en VO). J’en ai déjà parlé dans une page arrachée, il me semble.

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Angela Carter, La compagnie des loups

L’automne est la saison parfaite pour passer une soirée à lire tranquillement au chaud : montrez vous « accessoires » de lecture préférés.

Alors, oui, j’aurais pu faire une jolie mise en scène avec coussins moelleux, plaids, biscuits et tasse de thé. Mais franchement? C’est du décor pour Instagram. Le seul accessoire indispensable, c’est ça (bon, et le plaid, parce que j’ai éternellement les pieds gelés).

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