Nous vivons dans un monde peu enthousiasmant. Peu artistique, peu littéraire, alors qu’il ne s’est jamais autant vendu de « produits culturels ». Et quelque part au fond de mon petit cœur cynique de Daria-wannabe survit une gamine qui aurait envie qu’on l’enthousiasme. Je suis tombée sur ce discours – très connu, apparemment mais j’ai l’habitude d’arriver comme la cavalerie – prononcé par Neil Gaiman à la cérémonie de remises des diplômes de l’University of the Arts de Londres, en 2012. Discours si enthousiasmant, pour le coup, qu’il fut édité et publié dans la foulée. 
Le texte complet se trouve ici.  Je n’en traduis qu’un extrait et vous conseille de visionner la vidéo.
 
 

 

[…] À vous tous, lauréats d’aujourd’hui: je vous souhaite bonne chance. C’est utile, la chance. Bien souvent, vous vous rendrez compte que plus vous travaillerez dur, et plus vous travaillerez intelligemment, plus vous vous créerez de la chance. Mais la chance existe, et ça aide.
Nous vivons à présent dans un monde de transition, quel que soit le domaine artistique dans lequel vous évoluez, parce que la nature même des réseaux de distribution est en train de changer, le modèle qui permet aux créateurs de faire connaître leurs œuvres au monde, de garder un toit au-dessus de leurs têtes et de s’acheter des sandwiches dans le même temps, tout cela est en train de changer. J’ai parlé à des gens placés tout en haut de la chaîne alimentaire dans l’édition, la diffusion des livres, dans tous ces domaines, et personne ne sait à quoi va ressembler le paysage dans deux ans, encore moins dans dix ans. Les réseaux de distribution mis en place depuis un siècle ou presque sont en pleine évolution, en ce qui concerne l’édition papier, les artistes visuels, les musiciens, les esprits créatifs de toutes sortes.
Ce qui est, en un sens, intimidant mais dans un autre sens, totalement libérateur. Les règles, les présupposés, ce que vous pensez devoir faire pour rendre votre travail visible, et ce que vous faites vraiment, sont en train de s’effondrer. Les gardiens des portes abandonnent les portes. Vous pouvez être aussi créatifs que vous le souhaitez pour que votre travail soit vu. YouTube et Internet (et quoique ce soit qui remplacera YouTube et Internet) peuvent vous offrir une audience bien plus large que la télévision n’a jamais pu le faire. Les vieilles règles s’écroulent et personne ne connaît les nouvelles règles.
Alors inventez vos propres règles.   
Quelqu’un m’a demandé il y a peu comment faire avec une chose qu’elle pensait difficile à réaliser, enregistrer un livre audio dans ce cas précis, et je lui ai suggéré de faire semblant d’être une personne capable de faire ce livre. Pas de faire semblant de le réaliser, mais jouer à être quelqu’un qui peut le faire. Elle a accroché une note en ce sens au mur du studio, et elle m’a dit que cela l’avait aidée.
Alors soyez judicieux, parce que le monde a besoin de plus de sagesse, et si vous ne pouvez pas l’être, faites semblant d’être une personne pleine de sagesse, et agissez ensuite comme le ferait cette personne.
Et maintenant, allez-y, et faites des erreurs intéressantes, faites des erreurs étonnantes, faites des erreurs brillantes et extraordinaires. Brisez les règles. Faites du monde un endroit plus intéressant juste parce que vous en faites partie. Créez de bonnes œuvres.

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